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| L'aquarium
littéraire par EM |
| J’ai
soif, dix jours sur le canot. Plus d’eau ; enfin, plus que de
la salée. La langue collée au palais, les yeux gonflés
par le sel, tout brûle. Je n’en peux plus, cela va se
terminer de cette abominable façon. La nuit tombe, enfin un
peu de fraîcheur, et les étoiles comme compagnons de
route. La Vestale a coulé en quelques minutes, un choc, une
voie d’eau causée par quelque créature des abysses
venue chasser en surface et désireuse d’éprouver
la solidité de cet étrange objet posé sur l’océan.
Maudite bête, moi seul ai survécu... |
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| F.
70a. recherche animal de compagnie pour longues discussions au coin
du feu... par OB |
| Je
déteste les petites annonces ! Cette solitude affichée
qui s'étale sur les pages des journaux, ce manque d'affection
sans pudeur ni interdit, cette déclaration au monde que l'on
est malheureux, me débectent. Autant hurler dans la rue ou
se jeter sur le premier venu pour l'embrasser. Mais de là à
passer une annonce pour un animal domestique, c'est sidérant
! |
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| Technologie
et bestialisme par FXS |
De
la manière dont j'arrivai sur cette planète on eût
aussi bien pu dire que j'y tombai. On eût aussi bien pu appeler
cette planète Sahara, pour ce qu'il en restait. De ma chute
je n'ai qu'un souvenir très vague, il faisait sombre, le sol
était dur, d'un brun de terre sèche, propre, sans paille
ni plante, d'un brun de désert, d'une terre dure et sombre
qui m'a donné à penser que je me trouvais sur un plateau,
un de ces déserts qui deviennent glacés la nuit. Autour
de moi la silhouette sinistre de quelques arbres réduits à
leur plus simple expression, un tronc, quelques branches, parfois
une seule, prolongeant le tronc, un grand morceau de bois vertical
à peine enraciné, mort debout, d'une mort sèche
et cassante, et comme ça deux ou trois d'entre eux, peut-être
cinq, honnêtement je ne sais plus, comme je le disais la chute
n'a pas laissé de souvenir impérissable dans ma cervelle
et très vite l'urgence s'est déclarée.
Les coyotes hurlaient. |
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| L’égal
d’Hugo par JH |
| Papa voulait
que je joue au rugby. Il n’a jamais compris pourquoi je préférais
sauter au-dessus des vaches. Il disait souvent : "¡Las
vacas son para comer, pibe!". Papa aimait les chevaux mais la
passion pour les vaches, fussent-elles de course, lui paraissait incongrue.
Il avait quitté l’Argentine au temps de la dictature
et avait choisi le sud-ouest de la France sous prétexte d’une
lointaine origine basque. Il s’y était marié et
n’avait plus quitté les Landes. Il avait gardé
de l’Argentine une nostalgie qui jamais ne disparut. "Tous
les Argentins sont tristes"... |
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| Un
chat par DH |
| J’étais
heureux d’avoir trouvé ce chat. Enfin, je devrais plutôt
dire : heureux qu’il m’eût trouvé, tant notre
vie commune fut le fait de l’animal, plus que de ma volonté.
J’habitais, il y a de cela bien des années, une chambre
de bonne sous les toits d’un immeuble du 15ème arrondissement,
rue Vaugirard, tout près de la mairie. La pièce était
exiguë. Mon frère, quand il venait me voir, disait en
souriant que chez moi, au moins, tout était à portée
de main. C’était presque vrai... |
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| Tous
des moutons, des chèvres et des cochons… par
OB |
| Dans une
des annexes administratives de la salle principale des marchés
de New York, une centaine de golden boys aux portefeuilles bien
dorés s’entassent pour fumer leur quinzième
clope de la journée, tout en tergiversant sur le montant
de leur indécente prime, récemment obtenue pour cette
année si extraordinaire en spéculations abusives ...
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| Animaux
par FXS |
| Elles
sont trois. Trois silhouettes dans le désert. Le sable, la
poussière, les jours ininterrompus de marche, leur ont fait
la peau jaune. On dirait qu'elles sont nues. Je devrais dire "ils".
Ce sont probablement des hommes, à entendre leur voix grave.
Mais leur voix est peut-être usée par le sable, la
poussière, la fatigue. On ne voit pas bien leur visage. Ils
marchent. Depuis plusieurs jours. |
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