Avant la Nuit Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Reinaldo Arenas
 
J'en entends déjà me dire : " Encore un bouquin sur un poète cubain opprimé ". Ben oui. Ca, je peux pas le nier. C'est effectivement un bouquin sur un poète cubain opprimé. Et si ça vous empêche de le lire, c'est bien dommage. Si vous aimez les livres inlâchables, en voilà un. Avec celui-là, vous risquez fort de louper la fête de ce soir, de débrancher le téléphone, d'y passer une partie de la nuit et d'être en retard au boulot demain matin. C'est simple et limpide. Je ne dirais pas que ça parle de la vie. Ca parle essentiellement de celle de l'auteur, et croyez-moi, c'est pas n'importe quelle vie. En tous cas, grâce à Dieu qui Se fout de nos existences comme de Sa première Sainte Culotte, c'est pas la mienne. J'ai ri, je n'ai pas pleuré mais ça, c'est uniquement parce que boys don't cry, j'ai failli vomir un moment, j'ai pris un ou deux coups bas dans l'estomac. D'autant que, au passage, Arenas assassine tranquillement un de mes écrivains favoris, Garcia Marquès, en le traitant de "simple imitateur de Faulkner", d'"opportuniste ", même s'il lui reconnaît "par moments, un certain brio ". J'ai mis ça sur le compte de leur désaccord au sujet de Castro. Et là, il faut bien reconnaître qu'Arenas a raison. Mais bon. Il ne s'agit pas de ça. Il ne s'agit pas d'un pamphlet contre Castro. Il s'agit juste d'un livre inlâchable, limpide, envoûtant, incroyable, drôle, triste, choquant. Je pourrais vous gratifier d'une demi-douzaine d'adjectifs supplémentaires. Lisez-le, vous les trouverez vous-même. Et si, dans la demi-douzaine, vous trouvez le moyen de me mettre " emmerdant ", alors là, je ne vois que deux hypothèses : ou vous êtes de mauvaise foi, ou vous n'avez pas de goût. Laissez tomber la littérature et achetez plutôt un bon vieux Philippe Sollers.
 
FXS
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