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de Robert Charles Wilson - Folio SF
 
Dans ce court roman, Wilson nous fait découvrir une extraordinaire planète où la vie, fruit d'une évolution compétitive beaucoup poussée que sur la terre, se révèle mortelle pour l'homme, obligé pour l'explorer à un confinement particulièrement rigoureux. Une exploratrice modifiée génétiquement est envoyée pour essayer de percer les secrets de ce monde, ce qu'elle réussit plus ou moins à faire. Cette intrigue posée, Wilson nous régale de fils narratifs croisés et de détails techniques qui rendent son livre efficace, au meilleur sens des grands romans de la hard-science, bien qu'il n'entre jamais dans un grand niveau de détails. Les histoires personnelles des personnages, même abordées brièvement, permettent d'établir brillamment un aperçu de la civilisation humaine telle qu'il l'imagine dans ce roman. C'est très bien, passionnant, et l'on est quelque peu déçu qu'il ne creuse pas plus pour établir une vraie fresque galactique. Dans ce type de roman de SF, l'interpénétration de la science et de l'imagination constitue souvent le véritable intérêt. Quel futur ingénieur n'a pas rêvé en lisant les descriptions de Jules Verne ? Qui n'a pas été enthousiasmé par les visions prophétiques de Neal Stephenson ?
Et c'est peut-être ce qui pèche dans le livre de Wilson, comme souvent dans nombre de romans de hard-science actuels : le complexe de culpabilité que traînent ces auteurs à propos de ce qu'ils font les amène à considérer leurs livres incomplets s'ils ne les rattachent pas à une "philosophie" quelconque. En débitant des platitudes dignes de mes dissertations de philosophie de terminale, ils pensent donner à leurs oeuvres la touche finale qui les distinguent des autres romans. Ils ne sont que lassants, comme la fin du livre de Wilson, qui se perd dans des considérations sur une hypothétique vie des planètes dont la terre aurait été exclue, la vie sur terre ayant perdu une sorte de lien spirituel avec la vie galactique. Ennuyeux et lassant, d'autant que cela se répète avec pratiquement tous les auteurs, et que l'on assiste à un défilé ininterrompu de révélations sur le pourquoi de l'humanité. Et je ne parlerai même pas de Bernard Werber. Bref, pour en revenir au livre de Wilson, les deux cents quatre vingt premières pages (sur trois cents) sont très, très agréables à lire.
 
PmM
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