Casse-Pipe à la Nation Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
d'après Léo Malet - Tardi
 
Il est assez difficile de parler d'une bande dessinée de Jacques TARDI sans devenir lyrique. Pour rester simple, il suffit de dire que la qualité graphique de cet nouvel album des aventures de Nestor Burma n'a d'égale que la perfection de l'atmosphère unique qu'elle contribue à créer. Le trait affiné renforce l'impact des mouvements et la densité des personnages. Paradoxalement, cela ne profite pas à Nestor Burma, qui conserve les traits psychologiques que nous lui connaissons (sans rien perdre heureusement) ; les autres personnages atteignent en quelques cases les épaisseurs suffisantes pour être parfaitement crédibles et émouvants (à part peut être la veuve Parmentier, plus proche des personnages caricaturaux qui hantent la série des Adèle Blanc-Sec). Le personnage féminin principal (Simone) est absolument magnifique, et l'art de TARDI consiste à nous donner l'illusion des émotions et des sensations par la simple magie de son trait toujours renouvelé. Quelques explications : un histrion de ma connaissance a tenu à m'affirmer qu'il trouvait les personnages toujours semblables. L'argument utilisé consistait à souligner le dessin unique (au mauvais sens du terme) et si particulier des bouches des héroïnes (Adèle, Bélinda, Hélène, Simone...). Eh bien, pour reprendre cet exemple, je trouve qu'il y a plus de souffle et d'expression dans les infimes variations de cette bouche que dans les visages réalistes de Giraud ou dans les épures de Caza. C'est sans doute la maîtrise du noir et blanc qui dope ainsi l'expressivité des personnages. Trêve d'ergotages oiseux, ce nouvel album est magnifique. Du grand Tardi, assurément.
 
PmM
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