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Pour ceux qui ont vu Matrix, qui, comme moi, l'ont élu meilleur film de science-fiction depuis Blade Runner ou qui, toujours comme moi, ont été déçus et agacés par ce foutu scénario à l'américaine qui nous colle des messies et des Belles Au Bois Dormant à tous les coins de rue, voici deux romans qui démontrent que, lorsqu'elle n'est pas limitée par de sordides histoires de gros sous, la SF peut produire des oeuvres fortes.

Neuromancien de Willian Gibson (ed J'ai Lu SF) est , de l'avis de tous, la source directe d'inspiration de Matrix. On y retrouve en effet, plusieurs motifs du film. Le hacker paumé, embarqué par la nécessité dans une histoire qui le dépasse, la guerrière chargée de veiller sur lui, l'omniprésence de la machine, l'univers virtuel, le combat contre les intelligences artificielles. Toutefois, les similitudes s'arrêtent là. Car, dans le roman, les personnages restent ce qu'ils sont, des humains perdus dans un monde qui ne l'est plus tout à fait, des pions dont la seule victoire est la survie, prêts à tout pour l'emporter, y compris à l'alliance avec une IA. Roman exigeant, Neuromancien demande une concentration de tous les instants et un moral solide, mais offre aux courageux une nouvelle SF, plus proche de nous, dont l'aspect noir ne se réduit pas à un simple gadget de mode.

Plus touffu que le précédent, La Schismatrice de Bruce Sterling (ed Denoël, Présence du futur) partage avec lui le titre de roman fondateur du Cyberpunk. Saga, space opera, roman politique et picaresque, il n'appartient pas, lui non plus, à cette science-fiction qu'on lisait presque sans y penser, pour le simple plaisir des décors, des voyages et des inventions. Dans une humanité déracinée, peuplant le système solaire sur de gigantesques stations orbitales, déchirée entre les tenants de la mécanique et ceux de la manipulation génétique, Lindsay tente de trouver son chemin. Fils d'aristocrates, il doit apprendre à survivre, et à choisir son camp. Au fil des décennies, il connaîtra tout ce que la nature humaine peut offrir : le plaisir, l'amour, la trahison, la violence. Mais au moment où l'homme évolue, cesse d'exister en tant que tel pour se scinder en espèces nouvelles, en " clades ", il croit enfin comprendre son destin. Il croit enfin saisir ce que signifie le combat pour la vie. Il ose alors se lancer dans ce projet dont tout le monde rêve : la terraformation.

 
FXS
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