Dersou Ouzala Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
de Vladimir Arseniev - Pygmalion
 
Un de mes amis m'avait prêté le DVD de Dersou Ouzala de Kurosawa, film qu'il vénère tout particulièrement, mais comme je vais plus souvent à ma bibliothèque municipale que dans un endroit équipé d'un lecteur de DVD (par la force des choses en fait : je vis dans les égoûts), j'ai trouvé le livre qui a inspiré le film, c'est dire si j'ai du bol.
Dersou Ouzala est un classique de l'exploration russe, de ces rencontres entre les pionniers de la Russie Tsariste et les populations, toujours plus à l'Est, qui vivent sans le savoir dans le plus grand pays du monde. Vladimir Arseniev est un géomètre de l'Armée Russe chargé d'établir la cartographie des régions sibériennes. Il rencontre, au cours d'une de ses expéditions Dersou Ouzala, trappeur frustre et charismatique, entretenant avec la nature des liens chamaniques. S'en suit un double rapport d'initiation : celle de l'homme moderne redécouvrant la nature et les liens empiriques qu'on peut tresser avec elle et, dans une dernière partie tragique, celle de l'homme-sauvage (cette partie est traitée par Kurosawa dans le style de L'enfant sauvage de Truffaut, ce qui, pour un homme de 50 ans est un peu curieux) confronté à la ville et à la vie moderne. Venu chez son ami en raison d'une vue usée par l'âge et qui ne lui permet plus d'assurer sa subsistance par la chasse, dans une ville où il n'a pas le droit de tirer un coup de fusil et où l'on doit payer l'eau, Dersou décline et déprime. Il décidera de repartir pour connaître une mort certaine là où il a toujours vécu, dans la steppe.
Le livre d'Arseniev est passionnant, ce n'est pas de l'ethnologie, c'est plus un récit de voyage tendre et un peu triste, le film de Kurosawa en est une magnifique adaptation.
 
EM
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