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Pas besoin de
le répéter, nous sommes à KaFkaïens
des lecteurs intégristes de Banks (certains des membres de
la rédaction se rasent la tête en psalmodiant son nom
les soirs de pleine lune), aussi c'est toujours une certaine prise
de risque que de critiquer un de ses bouquins, car on peut, à
n'importe quel moment de l'une de nos légendaires réunions,
voir un de nos charmants camarades se lever les yeux vides en brandissant
son couteau et en disant d'une voix mécanique " argh,
tu as insulté le maître et tu vas payer " (ne riez
pas, ça m'est déjà arrivé : j'avais émis
des doutes sur la qualité des certaines illustrations de l'Encyclopédie
du Teckel, quand notre bien-aimé rédacteur en chef
m'a poignardé à plusieurs reprises au milieu du restaurant
kabyle où nous avons nos habitudes ; je dus mon salut ce soir-là
au fait qu'aveuglé par la rage, il avait saisi une merguez
dans son assiette à la place de son couteau). Quel est le rapport
avec Banks, me direz-vous, certes, je n'en vois pas non plus, mais
de toute façon, pas de problème avec Inversions,
c'est de la bien belle ouvrage. Banks fait montre une fois de plus
d'une maîtrise narrative impressionnante : le récit prend
place de façon très allusive quant à ses tenants
et aboutissants, le lecteur assiste à des scènes qu'il
ne peut que mettre bout à bout sans indice quant à ce
qui se passe réellement. Certes, on sent que quelque chose
se passe qui échappe à la logique des deux récits
qui s'entrecroisent, deux histoires d'étrangers venus on ne
sait comment occuper un poste de confiance dans deux sociétés
proto-féodales (j'ai toujours rêvé de placer le
terme " proto-féodal " dans ce magazine), mais le
mystère des buts et objectifs de ces deux personnages, observés
par un tiers, espion à la solde d'on ne sait qui, demeure pendant
la majeure partie du bouquin.
Et c'est là à mon avis la grande qualité de Banks
: on prend tellement de plaisir à lire ce qu'il écrit
qu'on se prend à vouloir repousser la résolution (pourtant
bien faite) du roman. Bref, même si ce livre n'est pas un chef
d'uvre comme Banks nous en a déjà fait (ah, je
sens venir la tentative de meurtre), c'est tellement bien écrit
et maîtrisé qu'on se prend à souhaiter que le
livre ne finisse pas, du moins pas tout de suite. |
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| EM |
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