| Dans ces colonnes, nous vous avions dit tout le bien que nous pensions de Hygiène
de l'assassin. Dans Péplum, Amélie Nothomb réalise encore une fois un dialogue plutôt qu'un roman. Le livre n'est constitué que
d'un seul dialogue (excepté un petit dialogue d'exposition au début et un petit paragraphe de rupture) qui met aux prises Amélie Nothomb
elle-même (projetée dans le futur) et un scientifique du XXVIème siècle. Amélie Nothomb est sans conteste une grande dialoguiste (elle
le fait dire à son alter-ego dans le livre qui répond à la question "Quel manque d'imagination pour une romancière ?" par
"J'étais plutôt une dialoguiste ").
Les descriptions sociales du monde du XXVIème siècle sont relativement artificielles,
et ne semblent être là que pour fournir un support à quelques répliques piquantes. On retrouve la même sensation d'artificialité
ressentie dans Hygiène de l'assassin : quand un élément intéressant d'un personnage (en liaison avec la description du cadre
par exemple) semble sur le point d'être explicité, pouf !, une réplique cinglante vient clore le sujet. Le sujet le plus approfondie
dans ce domaine est peut-être l'attirance qu'éprouve Amélie Nothomb à se décrire comme une garce, comme une personne irritante et
fantasque. Entre détails incohérents et artificialité de l'atmosphère, on finit par se sentir comme le personnage du roman : au
réveil d'une anesthésie.
Mais le dialogue reste passionnant, et l'on se retrouve - comme dans Hygiène
de l'assassin - à surveiller les desseins des acteurs, à supputer leurs réussites potentielles dans l'affrontement qui les lie.
Quelques idées surprenantes sont nouvelles et croustillantes - sans pour cela que le livre puisse être rangé au rayon SF (ce que
proclame la jaquette) - comme le sort destiné aux livres classiques dans ce futur dominé par le contrôle de l'énergie. Si vous aimez
les dialogues...
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