Autres nouvelles à thème
Par Collectif dans Nouvelles à thème
Paris
Métro
par PmM
Chez moi, c’est le métro. Je m’y sens bien, je m’y sens au chaud. Dans la foule, dans la presse, dans la ruée. Dans la solitude du quai, assis, tandis que les rames passent. Dans les couloirs, les escaliers, les halls et les bouches. Face aux directions, aux panneaux, aux correspondances. Je m’y sens bien. Sans dégoût pour les odeurs de pisse dans les coins, sans irritation contre les voyageurs qui vous bousculent d’un air excédé...
Quitter Paris par OB
Un peu trop tôt le matin, le réveil, France Info, la tartine grillée devant la bow-window, et mon Nutella qui dégouline sur le Libé de la veille, pendant une seconde je crois que je serai Parisien toute ma vie. Dans mon studio de la rue de la Butte-aux-Cailles, je me délecte des derniers instants à Paname. Tout à l'heure, les amis, les artisans de mon déménagement, arrivent pour m'envoyer vers un point perdu sur l'atlas, en province. Je n'aurais jamais dû accepter ce poste à responsabilité...
Paris, tentative de fuite par EM
J'ai pris la fuite, j'ai quitté Paris et ses visages multiples. Je ne supportais plus le désamour de cette ville, la musique des Tinos qui rythmait chaque stance avec une énergie ravageuse. Trop de lumières aussi...
Elle souhaitait prendre la grande roue de la Concorde par OB
Elle souhaitait prendre la grande roue de la Concorde avec moi. Cette chimère romantique lui trottait dans la tête comme une obsession. A croire qu'elle avait des parts dans ce monument installé droit face à l'Obélisque et aux pieds des Champs-Elysées, à quelques pas de la Tour Eiffel. Je l'avais rencontrée dans un bar du quatrième arrondissement, sur un coin de zinc, surpris par une conversation insolite sur le capital-risque qu'elle avait engagée avec un vieux binoclard...
Fracture
Des Iles par DHJe crois que c’était une époque de ma vie où je disais oui à tout, par désœuvrement sans doute, mais surtout à cause de cette liberté de mouvement que procure une certaine forme de désespoir. On n’espère plus rien en particulier, alors pourquoi pas ceci ou cela, pourquoi pas n’importe quel projet, aussi aléatoire qu’il puisse paraître ?
Fracture malgache par OB
Ils brûlent. Ils brûlent l’immense forêt. Les champs à perte de vue, les terres infertiles. Ils brûlent à la tombée de la nuit. Un brasier nocturne s’étalant au firmament. Il n’y a pas encore de loi pour empêcher cela. Le seul droit sur ces terres infertiles, les paysans des hauts plateaux. Cette année, ils sont nombreux, très nombreux, à brûler ces surfaces terriennes.
Totale Kriegführung ou la fracture des peuples par OB
Immobilisant sa Mercedes à hauteur de la place du marché, il décide de poursuivre à pied dans la vieille ville, les rues désertes de Mulhouse étant propices à la promenade nocturne. L’homme apprécie les heures qui suivent minuit. L’air y est plus froid, l’atmosphère plus calme et il peut ainsi déambuler dans la ville sans être reconnu.
Chez Moi
Chez Moi par EMOn monte chez moi par l'escalier de service d'un immeuble cossu du dix-septième arrondissement de Paris. Six étages, un couloir, à gauche les toilettes, quelques portes bleues, j'habite derrière la seconde à droite des toilettes...
Erections pour l'éternité par OB La demeure s'étendait sur plusieurs hectares, à quelques kilomètres de l'hippodrome de Chantilly. De la nationale, on ne la voyait presque pas tellement les arbres avaient créé avec le temps un bunker naturel. C'était le premier dimanche d'octobre, celui du prix de l'arc de Triomphe. Pour l'occasion, sa femme l'avait laissé seul dans le salon, car, à son âge, il ne pouvait plus assister aux courses hippiques...
Nulle Part, Partout par PmM
Je ne suis jamais chez moi ailleurs que dans mes pensées. C’est assez pratique. En voyage ou dans l’un de ces lieux successifs qui sont autant d’étapes sédentaires de notre vie nomade, je n’entre chez moi que dans l’intimité de ma tête. En conséquence je suis chez moi partout, et je ne suis chez moi nulle part...
Le Mur des impostures par DH
Décidément, la lecture des Mots de Jean-Paul Sartre remue encore en moi des pensées… Cette histoire de plagiat, ce lien infantile qu'ont les écrivains à l'écriture, dans la mesure où ils imitent, en y mettant du leur (forcément), les modèles qu'ils admirent, avec une foi somme toute si naïve que le spectacle en devient quelque peu stupéfiant…
Obscène
Insatisfaite par DH
Elle a dix-huit, vingt ans. Elle est venue avec sa sœur, son frère et un ami aussi, dans ce petit restaurant pour étudiants du Quartier Latin. Tout le monde est assez serré, ça fait de longues rangées. Ce restaurant est toujours plein à craquer, même en semaine.....
Le Mensonge par AM
Je l'ai vu tout de suite, dès le premier soir, il y avait du boulot. Il suffisait de sentir rouler sous mes doigts la peau grenue de son dos pour évaluer la quantité d'efforts qu'il me faudrait fournir pour tomber en amour. Dans ces moments là, on n'est jamais assez méfiant. Je m'étais pourtant promis de ne plus me faire piéger par mes tours de passe-passe...
La Neige par EM
Une petite lettre pour te redire tout le plaisir que j'ai eu à passer ce week-end chez toi. Dans le train qui nous ramenait avec J*** vers Paris, nous avions du mal à nous réveiller complètement de cette étonnante nuit (à notre décharge, le choix des vins était en tout point remarquable). Je garde quelques images profondément imprimées sur ma rétine, et surtout cette improbable tempête de neige...
Limite parentale exigée par OBT
Je vais quitter la maison de mes parents. Ils ont dépassé les bornes. Ado, je ne l'avais pas remarqué, mais maintenant, la réalité est remontée à la surface : mes parents sont des gros obsédés du cul ! Je peux vous dire qu'avoir des parents pervers n'a rien de drôle. Plus ils vieillissent, plus ils deviennent vicieux, plus ils recherchent entre eux ou avec d'autres des opportunités que je qualifierais de pornographiques...
Honte
La Honte par AM
La chambre était claire. Une pelouse soignée sous la terrasse blanche comme un sucre et devant les montagnes. Les fenêtres étaient hautes, propres, les lits petits. J'avais cinq ans. On se racontait le soir, pour s'endormir, des histoires de fourmis rouges qui dévoraient les entrailles des dormeurs égarés en s'introduisant par les orifices...
La Honte est l'ombre de l'amour par DH
Après, j'étais toujours sale. Je me lavai longtemps mais l'eau, le savon n'étaient pas suffisants pour le sortir de moi. Son odeur était sur moi, elle restait incrustée dans ma peau. Les autres devaient la sentir. Ça, c'était mon obsession : les gens comme des chiens, avec le regard allumé par ces effluves sur moi....
Misérable par EM
Je vous l'ai déjà dit : je me déplace souvent, je me déplace beaucoup. Egalement, je me sens déplacé. Je serai bien en peine de vous dire s'il s'agit là d'un fait exprès ou d'une inversion tragique de ma capacité d'être sans cesse au bon endroit. Toujours est-il qu'au soir, lorsque je devrais dormir déjà depuis de longues heures....
La Honte du business-man par OBT
" - Mon patron a voulu me violer un mardi de septembre, en fin de journée, à l'heure où les bureaux se vident, où les réunions de chefs s'éternisent, où les rumeurs naissent. Evidemment, je n'avais rien demandé. On croit toujours que ce genre de chose n'arrive qu'aux autres....
On meurt toujours seul par FXS
Ca s'est passé l'année dernière. C'est dire si je n'aurais pas dû m'occuper de cette affaire, étant en retraite depuis 18 ans. C'était l'objectif que je m'étais fixé dans la vie : partir en retraite. Je n'ai pas compté mes heures ni mes efforts mais j'y suis parvenu. A 73 ans, j'ai remis mon étude de notaire, et je suis parti à la pêche pour de bon...
Qui viendra nous ramasser ? par FXS
FLORA : Ca y est. Le voilà qui rentre. Il est à peine deux heures de l'après-midi et il a déjà fini sa journée. Et il n'a même pas ramassé nos ordures ! (Elle se retourne) Cette fois-ci, Blandine, nous le tenons ! Il a oublié nos poubelles ! C'est la faute professionnelle ! Attends un peu qu'il parte au bistrot et je téléphone illico au maire ! Ah, je savais bien qu'il finirait par faire un faux-pas !
Infini
L'Instant Infini par OB
Espèce de paquets d'os, d'ours mal léché, de bouse puante et odorante, de schtroumpf légume, de fourchette cassé, de préservatif à pattes, de morves de nez"...Non que Damien eut jamais pensé toutes ces injures à l'égard de son frère. Mais, il y avait des moments, il fallait l'admettre, cela faisait franchement du bien de se défouler ainsi....
L'Instant Infini par DH
L'an de grâce 1712, le vieux comte Archimbaldi, féru d'alchimie, s'enferma définitivement dans la tour qui ornait l'aile droite de son manoir, afin d'observer scientifiquement le moment qui sépare la vie de la mort. Au cours de ses expériences spirites et alchimiques, dans la solitude du manoir d'Albina, il était arrivé à la conclusion que la connaissance du moment précis de l'agonie où l'âme quitte le corps pour se fondre dans le Grand Tout lui ouvrirait les portes de l'immortalité.
Conversation infiniment inutile par OB
Fin d’après-midi, salle Richelieu, le cours est terminé, Monsieur Sagner, professeur, s’entretient avec un jeune homme qu’il ne connaît pas.....
Mon Infini par EM
C'est l'histoire d'une chute, d'une chute accrochée dans le ciel, sans la moindre rémige pour rectifier le tir.
L'Infini des choix par FXS Je ne suis pas concerné par l'infini, si ce n'est par l'infini des choix. Si je devais vraiment parler de l'infini, je parlerais sûrement de vertige, sans comprendre le rapport entre les deux notions. Je parlerais vaguement de fascination du vide, j'identifierais vide à infini et le tour serait joué.
Masque
Son vrai visage par DH
L'article portait le titre : " Les métamorphoses du masque ". Il lut : " Le symbolisme du masque a sensiblement évolué dans nos représentations. C'est à partir du XIXème siècle qu'il quitte définitivement son statut d'accessoire théâtral pour devenir le symbole, la métaphore générale de l'illusion décevante propre aux idées du temps...
Le masque littéraire par LNCertains pensaient qu'il pouvait devenir un bon chercheur. Un chercheur honorable, disons. Peut-être trop laborieux. Mais il était doué, selon son directeur de thèse, de la rectitude, de la précision et de la persévérance indispensables à la réussite d'un doctorat de Lettres...
Mon père avait le masque... par OBC'était le 11 mai 1961, elle était enceinte de huit bons mois dépassés, elle aurait voulu que ce soit une fille, mais ce ne fut que moi. Ma mère m'a toujours parlé du prénom d'Anne-Claire qu'elle trouvait si joli. Si seulement je n'avais pas eu une paire de testicules entre les jambes...
Un grand insecte blême, sur mon visage par ASLes arbres, ce sont les grands arbres d'Ellorée qui m'ont fait revenir, dès que j'ai pu quitter l'hôpital. Ellorée, le seul endroit où j'ai jamais connu la paix. De là où je me tiens les cimes des arbres bougent sans cesse. Au gré du vent, des teintes de vert tour à tour claires et profondes apparaissent puis s'éloignent. Ces géants, ancrés au sol par des racines titanesques, sont à cette hauteur comme des jouets pour la moindre brise....
Pétrole
Pétrole par DH
De la ligne d'horizon émane une nuée brune de chaleur intense qui brouille le ciel et transforme le bleu limpide en une soupe jaunâtre mal diluée. À cinq heures de l'après-midi, entre deux dunes, l'attente ressemble à un abrutissement qui prendrait des allures mystiques...
La légende de l'Ouriol par FXSEn ce temps-là, le dieu Naâl vivait au milieu des hommes ses serviteurs. Son pouvoir était infini. Infinie la crainte qu'il inspirait. Les hommes ses serviteurs le révéraient, unique parmi les dieux, et Naâl leur parlait par la bouche de ses prêtres...
L'inspecteur des derricks par PmM" Tu crois peut-être que je n'aurais pas du venir ici ? " Tu dois ressasser, et ruminer dans la cuisine en coupant le céleri de ton plateau-télé, alors que je pends comme un idiot au bout de cette corde, en plein soleil. Le soleil, ici, est une torche plus puissante que celles qui brûlent au loin sans discontinuer...
Prophète
La Lignée des Prophètes par LN
D'abord, il y eut Abraham, Isaac, Jacob, Josué, Samuel. Les prophètes antérieurs, les pères de la Lignée. Tous annonçaient la venue des autres prophètes. Il y eut Esaïe, Jérémie, Ezéchiel. Ils annonçaient un prophète qui naîtrait d'une vierge. Puis, Jean Le Baptiste prédit l'arrivée d'un homme dont il ne serait pas digne de défaire les sandales...
La Guérison du Prophète par AS
Dieu, ce fichu bavard, emplissait l'Univers entier de Ses signes. Les arbres qui s'abattaient au sol, touchés par la foudre, les oiseaux qui traversaient le ciel d'Est en Ouest ou du Nord au Sud ou les feuilles qui s'envolaient dans le vent d'automne constituaient l'immense abécédaire des messages qu'Il adressait aux hommes...
Toussaint Carmino disait par PmM
Toussaint Carmino parcourait le pays en parlant aux gens du Pouvoir et de la Liberté, de l'Esclavage et de la Désobéissance, de l'Injustice et de l'Equité, de la Violence et de la Résistance. Toussaint Carmino disait par exemple...
Océan
Le Champ de Seigle par DH
En haut de la falaise j'aperçus une maison baignée par le soleil. Elle paraissait parfaitement blanche à la lumière de midi. Je marchais depuis le matin et un violent mal de tête m'avait saisi en chemin. Je n'avais plus d'eau. Je décidai d'en demander aux habitants de ce morceau de falaise. Je montai un petit sentier à la pente raide, bordé de coquelicots rouge sang...
Un peu de Sel par PmM
Sur un radeau de survie, il faut un peu d'ordre. Vous aurez beau lire tous les récits, les manuels, les témoignages que vous voulez, vous n'en trouverez pas un seul où les survivants n'aient pas survécu grâce à l'ordre et à la discipline. Quand les circonstances sont dramatiques, la survie est à ce prix. Le raisonnement doit prendre le pas sur l'émotion. De l'ordre avant tout...
Sur un radeau par EM
C'est un radeau simple : il ne s'agit, ni plus, ni moins, que de six rondins de bois de largeur conséquente, vaguement tordus pas les vents alizés et liés entre eux par du mauvais cordage. Je me trouve incapable de préciser de quel bois il s'agit, j'imagine avoir trouvé les arbres pas très loin de la plage, sur une terre rêche entremêlée de sable.
Océan : Bastian par DH
Je rencontrai Bastian à la Réunion en 1982. J'avais obtenu une bourse pour finir ma thèse de doctorat là-bas. L'idée de prendre du large m'avait séduit, après l'échec de mon mariage et l'abattement qui en avait résulté. Ma thèse portait sur l'exotisme de Baudelaire. Bastian faisait une maîtrise sur le même thème...
Océan : Le Naufrage par DH
Pour Bastian, la vue de l'Océan ramenait dans son sillage la langueur et l'insouciance d'une jeunesse passée dans les îles, auprès de son père qui avait été nommé directeur du centre culturel de Saint-Denis de la Réunion. Pour moi, elle est depuis dix ans l'image même de la mort. La vue d'une étendue d'eau me glace le sang dans les veines, me retourne et m'effraie à tel point que je me sens défaillir...
Océan : Baudelaire et l'Exotisme par DH
Extrait daté de février 1982 : " C'est le plein air qui fait tout, c'est sa dimension qui assure la cohésion de l'essai, qui le dirige, même si la direction peut paraître aléatoire… Lui n'a pas été chercher son inspiration au fond d'une bibliothèque mais dans un vaste monde qu'il tenait là, tout contre lui, dans l'obsession de ses rêves d'exotisme...
Ivresse
L'incroyable histoire de celui qui s'était envolé par DH L'autre jour j'ai conduit en état d'ivresse ; c'est ce que m'a dit le commissaire sur le PV ; j'étais sur mon scoutère et je me suis envolé, non je blague pas, je me suis envolé, dans les airs, comme ça, un vrai pétard de quatorze-juillet, en plein boulevard Saint-Michel que j'étais, et personne ne m'a vu, je crois, enfin, pas tout de suite, pas pendant, mais après oui....
La Profondeur de l'Ivresse par PmM
l n'y a pas si longtemps de cela, dans un pays voisin d'un Etat connu de tous pour ses excentricités quasiment orientales, vint au jour une curieuse institution. Il faut garder en mémoire que ce pays possédait une démocratie participative vivace pour comprendre comment L'Institut des Ivresses devint en une décennie seulement la commission la plus écoutée du peuple et de ses dirigeants...
Sobre et efficace par EM
Métamorphoses
Festins
Démons
Armes
Effort
La Mort
Quatre
Et après ?
Sud
Recherche
http://Ici.com/fr/Sable_y_est/ par MS Je suis tombé sur l'adresse en feuilletant le site AltaVista, un soir de déprime aux reflets d'insomnie. Comment parvenir à trouver le sommeil ? J'ai pensé à Knock, au docteur Parpalaid qui se contentait de préconiser l'usage intensif du code civil...
Poncho le métarat par PmM
" Aïe, ça picote ! " C'est la deuxième fois que je suis indexé aujourd'hui. En ce moment, j'ai l'impression que les moteurs de recherche s'acharnent sur moi. Pourtant, je ne crois pas avoir compilé de nouvelles informations...