de Fred Vargas - J'ai Lu

Avant de lire ce roman policier de Fred Vargas, il a d'abord fallu que je passe outre un stupide a priori : le succès de ces romans portés aux nues par la presse féminine, à coté des Marc Lévy ou autre Gavalda, n'est pas pour rassurer sur la qualité littéraire. Les romans policiers sont avant tout des romans, et la production industrielle d'histoires de serial-killer absconses ou de détectives géniaux complètement à coté de la réalité amène plutôt à douter a priori de la qualité d'un policier très grand public, cela dit sans snobisme littéraire aucun.
Est-ce la figure paternelle de l'ex-commissaire qui mène l'enquête ? Est-ce le huis clos de cette banlieue où les autres lieux apparaissent irréels et distants ? Est-ce le style incisif, les phrases ciselées et les dialogues naturels ? Fred Vargas a du Simenon plein ses pages : je ne dois pas être le premier à faire cette comparaison, mais elle s'avère évidente à la lecture de Debout les morts. Du Simenon modernisé, contemporain, sans tous les aspects datés qui font son charme mais l'empêche de résister au temps, non, vraiment, un Simenon actuel, empruntant à la veine réaliste tous les artifices que nous connaissons aujourd'hui (investigation scientifique) et usant des éléments culturels les plus modernes pour ancrer ses personnages dans notre réalité.
En sus, Fred Vargas réussit à baser les fils de son intrigue sur le monde lyrique, sur des faits légèrement surannés, clin d'oeil à Simenon sans doute, évitant ainsi de céder à la facilité de raconter une histoire de plus qui mettrait en scène les inévitables caïds de banlieue ou quelque autre fantasme contemporain des fanatiques du rêve sécuritaire.
Non décidément, ce livre de Fred Vargas est une réussite ; je ne sais si les autres sont dans la même veine, mais les lauriers qu'on lui tresse ne sont pas usurpés.